Réforme du mécanisme de protection au Honduras : la société civile demande un dialogue transparent

Réforme du mécanisme de protection au Honduras : la société civile demande un dialogue transparent

Juin 2026

Le 28 mai 2026, PWS a signé, aux côtés de plus de 60 organisations et mouvements sociaux, une déclaration concernant la réforme prévue de la loi nationale de protection des défenseur·e·s des droits humains, des journalistes et des acteur·rice·sdu système judiciaire au Honduras. Les organisations demandent un processus de réforme transparent et inclusif, avec la participation active de la société civile concernée. La déclaration complète peut être consultée ici.

Le processus de réforme concerne le système national de protection mis en place en 2015, destiné à protéger les défenseur·e·s des droits humains, les journalistes et d’autres personnes menacées. Bien qu’une réforme soit reconnue comme nécessaire après des années de graves défaillances et de violences persistantes, les organisations signataires critiquent le fait que les modifications actuelles soient préparées sans consultation large, pluraliste et transparente de la société civile concernée. En particulier, les organisations de défense des droits humains, les communautés autochtones et afrodescendantes, les organisations environnementales et les organisations femmes ainsi que les mouvements sociaux n’auraient jusqu’à présent pas été suffisamment impliqués.

Les organisations soulignent que la situation au Honduras demeure alarmante : malgré la création du mécanisme de protection en 2015, entre 2019 et 2023, deux journalistes et quinze défenseur·e·s des droits humains ont été assassinés alors qu’ils et elles bénéficiaien bénéficiaient de mesures de protection. Entre 2015 et 2025, 111 défenseur·e·s de l’environnement ont également été tués. Selon les organisations, le taux d’impunité atteint 92 %.

Dès 2025, des modifications de la loi de protection avaient déjà été adoptées sans consultation des organisations concernées. Ce processus avait également été critiqué par le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme. Les organisations signataires mettent donc à nouveau en garde contre des réformes adoptées sans participation démocratique et selon une procédure accélérée.

Les organisations signataires demandent au Congrès national hondurien :

  • de suspendre la procédure de réforme en cours jusqu’à ce qu’un processus de consultation large, transparent et inclusif soit garanti ;
  • d’impliquer activement les défenseur·e·s des droits humains et les personnes concernées dans la réforme ;
  • d’intégrer le Conseil national de protection dans le processus de réforme ;
  • de ne pas adopter de modifications législatives en procédure accélérée ;
  • de renforcer le mécanisme de protection sur les plans financier et institutionnel.

Par ailleurs, les organisations appellent les Nations Unies, la Commission interaméricaine des droits de l’homme (CIDH), le Rapporteur spécial des Nations Unies sur les défenseur·e·s des droits humains ainsi que les organisations internationales de coopération à suivre attentivement le processus de réforme.

En signant cette déclaration, PWS soutient la demande d’un processus de réforme qui prenne en compte les expériences et les perspectives des défenseur·e·s des droits humains concerné·e·s. Les lois destinées à protéger les défenseur·e·s des droits humains doivent être élaborées avec la participation de celles et ceux qui risquent chaque jour leur vie pour défendre les droits des autres. Seul un dialogue transparent, inclusif et participatif peut constituer la base d’un mécanisme de protection efficace.